Ah si tu pouvais fermer ta gueule...

Publié le par LDT

Suite, en quelque sorte, de ce que je disais hier.

En plus de voir des idéologies se corrompre et devenir motrices de la peur de tout, il y a une autre chose qui nous arrive. C'est le devoir issu du devoir de peur, le devoir d'autocensure.

Tout comme la société moderne s'est coincée totalement dans un mélange d'idéologies ratées et utopiques, elle s'est préservée de la critique constructive et de la remise en cause en utilisant la peur, ou plutôt les peurs. Celles des peureux et celles des non-peureux. Aux peureux, la société moderne a donné de quoi les nourrir, les effrayer toujours plus, les pousser quoi qu'il arrive à suivre l'idéologie en place(si vous combattez les banques c'est la misère qui viendra, si vous ne faites pas la guerre en Irak vous serez atomisés, tu parles oui=), mais aux non-peureux, à ceux qui malgré tout n'arrivent pas à arrêter simplement de penser et qui veulent tout de même essayer de changer les choses en mieux dans cette société, qu'a-t-elle donné? Rien. Il n'existe rien que la société ait fait pour abrutir les intellectuels ou les citoyens éclairés assez pour qu'ils veulent bien simplement obéir sans s'opposer. Aucune idéologie, pas même la plus totalitaire, ne peut faire taire tout le monde. Puisque l'idéologie ne suffit pas, il fallut passer par un autre moyen, le devoir de respecter les peurs.

Si untel, simple citoyen pensant en France se trouvait en train de ne pas avoir peur des communistes, des fascistes, des racailles, des pédophiles, des intégristes, des islamistes, des mondialistes ou des je-ne-sais-quoïstes, on viendrait immédiatement lui dire que s'il n'a pas l'intention de combattre avec les autres effrayés, alors il n'est qu'un traître à la grande cause commune dictée par la frousse. Une personne entourée de trouillards ne va pas se mettre à se battre dans leur camp alors qu'elle n'est pas paranoïaque. Tant que l'on est pas assez abruti pour rejoindre les rangs des effrayés et indignés perpétuels, on ne les rejoint pas. Mais on ne s'oppose pas à eux non plus. C'est là que commence le devoir d'autocensure.

La censure est un jouet des gens de pouvoir au fond très peu utilisé étant donné qu'on n'a quasiment jamais à refuser le droit de parole d'une personne, il suffit de faire savoir ce qui est autorisé et ce qui est interdit pour que la personne en question s'autocensure d'elle-même. Est-ce plus parce qu'on craint les sanctions qu'on évite les sujets qui fâchent? Non, c'est parce qu'on ne veut pas risquer d'être mal vu. Ce qui est vrai à un repas de famille peut être tout aussi vrai sur le plan national, il suffit de ne pas vouloir secouer les imbéciles pour que les imbéciles conservent la parole, même qu'ils la conservent jusqu'à sa moisissure. Tout le problème est là, pour ne pas choquer ou gêner les obéissants, on se censure soi-même, juste histoire de ne pas se faire moucher. C'est comme cela que le règne de la peur peut continuer, pas parce qu'on est trop bêtes pour le combattre, mais parce qu'on doit respecter les combats des froussards en n'essayant pas de les diriger vers une plus haute vision des choses. Avoir la trouille est devenu un droit total qui ne s'interdit sous aucun prétexte, même pas celui de penser contre sa peur pour essayer de la vaincre sans effort inutile. Quand on a peur, il faut frapper, tout de suite, surtout si la propagande médiatique vous dit que vous avez raison de d'attaquer les ennemis désignés.

C'est ainsi que l'autocensure s'installe, simplement en laissant les trouillards agir comme ils le veulent. Aujourd'hui, c'est même devenu communicatif, dès qu'un pensant a tâté la réaction de froussards quand il a pensé autrement qu'eux, il se demande si tous les autres pensants ne sont pas comme lui, menacés, et tente de les protéger en leur disant de se taire. L'obéissance communicative, le devoir d'autocensure. Il y a ça et d'autres choses, mais c'est surtout ceci qui bloque la société moderne, les idéologies ratées et l'interdiction de combattre la trouille qu'elles génèrent.

 

Oulà, trois heures de retard encore. Alors comme d'habitude...(je sais, ça ne fait pas trop nationaliste français ce que je passe. Tant pis, je ne vais pas mettre ça à chaque fois!)

Louis D. Tisserand

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