Conflit à vendre pas cher

Publié le par LDT

Certains, sans doute un résidu d'impérialisme jamais dissous, se sentent régulièrement obligés en politique française de venir nous vendre des conflits à faire. Un jour c'est le Soudan, soi-disant pour le seul Darfour mais en réalité parce qu'ils n'obéissent pas à l'Occident(ce qui va quand même contre nos intérêts et peut amener à une guerre dans laquelle la France a à y gagner). Un jour c'est la Somalie, qui est un peu à l'abandon depuis que les américains ont appris que Mogadiscio ne se prend pas avec de seuls hélicoptères. Un jour c'est l'Iran, un jour le Pakistan, un jour le Rwanda, un jour la RDC, un jour un autre...une nouvelle guerre par an. Le festival de Cannes côtoie le Salon de l'armement, et la palme de ce salon-là est attribuée par les étatsuniens et quelques autres au gagnant de l'année qui aura le droit de goûter aux toutes nouvelles armes dernier cri de la belle technologie occidentale, on espère qu'ils en seront satisfaits. Je dois reconnaître toutefois que depuis qu'Obama est au pouvoir, la propagande pro-guerre s'est bien calmée, excepté pour l'Afghanistan.

Il y a des arguments prêts-à-porter pour tous publics pour chaque guerre, les bienpensants étant la première cible de la propagande guerrière(elle-même Bienpensante, c'est pour cela qu'écouter les médias fait croire qu'on est dans une tautologie du Mal tout le temps), et pour les faire bouger eux c'est simple. Il y a des méchants dictateurs/communistes/fascistes/islamistes/génocidaires(au choix), ils torturent leur peuple, il faut aider ce peuple. C'est la méthode Irak, l'ennemi est au pouvoir, dès qu'il sera viré du pouvoir tout ira mieux. Alors qu'en réalité le type au pouvoir qui est certainement un dictateur est aussi celui qui assure la stabilité dans sa nation, et comme l'a prouvé la guerre en Irak, l'enlever amène au chaos et à la révolte permanente contre l'envahisseur. Donc le schéma présenté est simple: il y a un salaud, il faut le virer, une fois viré la situation devient chaotique et il faut partir tôt ou tard, ce qui fera amener à la tête de l'état un nouveau dictateur juste après le départ des armées d'impérialistes. Tautologie du Mal, il est vaincu(soi-disant) mais il renaît de lui-même! Toujours, et partout! Ce qui fait que chez des peuples un peu moins intellectuels(euphémisme) comme les Amerloques, c'est dur de ne pas voir le monde comme un grand sac à Mal et eux comme le Bien.

Passée la propagande la plus classique, la Bienpensante, il y a les différentes cibles sociales: les secteurs économiques de l'armement, du bâtiment, du pétrole(ça castagne souvent chez les plancheurs(surfeurs=franglais, surfeurs=pas bien!) de lacs noirs, si vous avez bien suivi), de l'humanitaire etc, tout ce qu'il faut à un pays en guerre. Ca fait marcher, dans les pays qui l'autorisent, la propagande nationaliste, ça fait avancer le schmilblick pour les affaires d'état de second plan qui sont vite oubliées dès qu'il y a guerre, bref, comme le disait Desproges, et beaucoup d'autres, ce qu'il faut à nos jeunes d'aujourd'hui, c'est une bonne guerre. Ca aide presque tout le monde à part les victimes et chacun en ressort en ayant gagné de l'argent ou des médailles. Je ne suis qu'à moitié ironique ici, une guerre fait vraiment remuer les sociétés. C'est bête comme raison mais nous sommes des bêtes et réunir toute la nation pour une véritable guerre est ce qui fait encore le mieux son travail pour faire bouger la politique et les scléroses sociales.

Chaque guerre peut être vendue, d'une manière ou d'une autre. Il y aura toujours des clients et des programmes politico-idéologico-économico-impérialistes à leur vendre(c'est que la guerre fait vraiment bouger BEAUCOUP de choses). Tout ce qui compte dans la balance pour deviner si une guerre se fera ou pas c'est de savoir ce que la nation y gagne et combien, en "démocratie" tout du moins, de gens sont prêts à soutenir une guerre. On vend une guerre comme on vend le reste en fait, par de la pub écoutée par des cons. On en vend aussi par des moyens plus honnêtes mais cela fait un bon moment que la guerre, la vraie, celle de la France contre une grande puissance, n'est plus considérable pour cause de société trop hédoniste. Napoléon est loin...et je ne parle pas de son voyage en Egypte.

En parlant d'Egypte, il y a un conflit particulier qui nous colle aux pattes depuis plus de soixante ans maintenant: celui entre Israël et le monde. Techniquement c'est Israël et le monde arabe mais à écouter les plus fervents sionistes de droite et le gouvernement Israélien, le monde entier est fait d'antisémites et le devoir des Israéliens et de leurs militants est de combattre ces antisémites...donc logiquement...vous avez compris. Israël a décidé de s'implanter sur une terre déjà occupée, et depuis tout ce temps il y a querelle de voisinage entre les Israéliens et les Palestiniens anciens propriétaires. Cette guerre-là, nous y avons participé, en 1956 à Suez contre l'Egypte. Ca s'est fini moins glorieusement qu'avec Napoléon, quand les Etatsuniens et les Cocos du Nord(URSS) se sont entendus pour dire aux anglais de rentrer dans leur éponge(c'est censé être une île mais avec toute l'eau qui y tombe j'ai des soupçons) et où nous avons pu fièrement mettre la queue entre les jambes et rentrer chez nous en laissant les Israéliens sur la frontière.

Aujourd'hui, le plus gros obstacle à la paix en Palestine, c'est Israël. Je ne parle pas de territoires ou de politiques, je parle de sociologique: d'après tout ce que j'en ai vu et entendu, les Israéliens se vivent toujours comme les juifs du 7 mai 1945. Leur société toute entière et leurs cervelles sont faites pour la guerre. Ca peut se réparer mais il faut du temps, et il semble que les gouvernants d'Israël n'aient pas envie de se fatiguer à finir une guerre qui au fond ne leur coûte que quelques morts par an(c'est loin de la "mort d'Israël" dont on parle tous les jours!)et qui leur permet de ne pas avoir à se concentrer sur les problèmes complexes de leur nation. S'il y a un problème en Israël, ce n'est pas grave, la guerre passe en priorité! Beaucoup de gens cherchent à entraîner des français dans ce conflit. Nous avons dans un camp les Bienpensants généralement pro-palestiniens, et de l'autre les sionistes pro-Israéliens. Pour de nombreuses raisons pas particulièrement utiles à donner, il se trouve que les deux camps ont absolument besoin du soutien des français et des autres pour que la guerre continue. Or dans cette guerre-là, nous n'avons rien, nationalement parlant rien à gagner. Même pas de l'argent. Rien du tout, ni pour la France ni pour les français. Ce n'est pas seulement que nous n'avons plus d'intérêt commun avec Israël, c'est que cette guerre s'éternise parce que chacun des deux camps à besoin du soutien de l'étranger pour continuer à se battre. Donc pour ceux qui veulent que le conflit s'arrête, je n'ai pas dit qu'un camp ou un autre gagnera, mais simplement que ce conflit-là s'arrête, laissez-les tomber. En rien nous immiscer dans ces affaires ne nous aide, en rien cela ne les aide et la seule façon d'arrêter ce conflit c'est de prouver aux Israéliens que qu'il n'a plus de raison d'être en ne les soutenant pas pour quelque raison qu'ils puissent donner et en faisant de même pour les Palestiniens. Au fond c'est très stupide comme guerre: Israël a gagné, la Palestine a perdu, mais Israël ne veut pas la paix alors qu'ils peuvent l'imposer et la Palestine n'a plus d'Arafat pour tenir le fusil et le rameau d'olivier. Le fusil, pour les Israéliens qui ne voulaient pas la paix, et le rameau pour ceux qui la voulaient. Aujourd'hui, il ne reste qu'une chose qui fait continuer ce combat fini: le confort des politiciens Israéliens et la faiblesse et bêtise des politiciens Palestiniens. Dans aucun des deux camps, ni un soutien moral ni un soutien militaire n'aident. Tout ce qu'il faut c'est laisser crever le conflit, et même la société israélienne complètement guerrière finira par comprendre qu'il n'y a plus lieu de se battre. Ou bien elle ne le comprendra pas et finira par devenir un régime ouvertement fasciste(ce qui est en bonne voie avec Liberman) ce qui amènera à ce que tous ses soutiens à l'étranger l'abandonnent et l'idéal de la "Nation des Survivants de l'Holocauste" s'atomisent.

Louis D. Tisserand

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