Hortefeux, héritier de Sarkozy aux Ministère du Désastre

Publié le par LDT

La petite affaire du commandant Pichon me ramène à poser la question du rôle social de la police, qui ne trouve plus sa place depuis mais'-chfaiscquejveux-'68. Le boulot des flics, dans la plus simple théorie, c'est de maintenir l'ordre et la loi, ce qui peut aller de tabasser des milliers de manifestants opposés au pouvoir ou au patronat à arrêter des voleurs de patates ou des politiciens véreux qui ont eu la malchance de ne pas assez bien regarder dans leur dos(oui ne rêvez pas, on n'arrête les pourris que quand d'autres politiciens les balancent). Ca pose des PV comme ça arrête des terroristes, le flic. Peut-être pas le même grade de flic mais c'est quand même là pour maintenir un ordre et si possible faire respecter la loi.

Depuis maischfaiscquejveux, le policier qui est là pour maintenir l'ordre a deux problèmes: un il ne fait plus respecter le 'bon ordre' et deux il ne peut faire son boulot qu'en demandant gentiment aux malfaiteurs s'ils sont d'accord pour bien vouloir être arrêtés.

Le 'bon ordre' bien sûr, c'est l'Ordre du Bien, qui est devenue depuis une petite trentaine d'années la Bienpensance qui nous gouverne pour notre Bien à tous. L'ordre du bien est celui des étudiants militants, qui sont les jeunes forces intellectuelles de la France et qu'il ne faut pas taper quand ils bloquent les facs ou foutent le bordel dans les rues en manifestant. L'ordre du bien c'est celui des pauvres sans-papiers et des militants qui les aident, qu'on doit laisser faire parce que ce sont des gens faibles qui ne veulent que du pognon, et des gens prêts à leur donner ce pognon(car ils l'ont). L'ordre du Bien, c'est celui des militants antiracistes qui accusent les flics de racisme sans preuves mais sans opposition qui ne risquerait pas de se retrouver virée pour avoir répondu, c'est celui des gens qui soutiennent le Bien contre tous ses opposants muets et indignes d'être écoutés même s'ils avaient la possibilité de répondre, c'est celui qui osent combattre les grandes forces politiques(qui n'ont pas le droit de répondre non plus sinon c'est du fascisme!), comme Stéphane Guillon qui a presque été transformé en opposant à la suprématie médiatique sarkozyenne et qui a été complètement détransformé . Bien sûr tous ces militants sont militants pour le Bien, et nous savons tous que le Bien n'a pas de camp politique. N'est-ce pas?

Il se trouve que le flic ne doit pas toucher à l'ordre du Bien sous peine de devenir socialement répugnant. Pour être flic, il ne faut toucher à aucune des personnes citées ci-dessus, tout en faisant respecter l'ordre de cette immense centrale des pouvoirs qu'est l'état. L'ordre que la police doit faire respecter passe évidemment après l'ordre qui règne sur notre société. Ou comment bien contrôler une société par la seule culture véhiculée par les médiacrates sans avoir à avoir aucun pied qui pourrait se coincer dans l'engrenage de l'état: les politiciens prennent les responsabilités et les coups, les journaleux choississent quelle est la bonne politique!

Il y a un autre problème pour le flic de base aujourd'hui, c'est que la violence aussi c'est mal. La violence des forts c'est particulièrement mal, et les flics sont censés être les plus forts du pays(j'attends le match avec les militaires). Si une racaille vole un gamin tous les jours et qu'elle se fait choper et menace le flic qui l'attrape de brûler toute sa famille, elle ira prendre une bonne leçon de conduite chez le juge des mineurs. Le flic qui aura cassé le bras de la racaille pour avoir juré de massacrer toute sa famille ira répondre de son action chez son commissaire puis à l'ANPE. Non pas que le geste soit glorieux ou juste mais que celui qui menace sache que les mots ont un sens et que les flics aussi peuvent vouloir se faire respecter dans leur travail. Le flic qui attrape un bandit financier est un grand flic, celui qui massacre une racaille est un misérable. Pourtant lequel des deux prend le plus de risques? Les vrais grands flics, ceux qui savent ferrer les gros poissons et ne pas se faire emporter dans la mer savent généralement qu'ils ont besoin d'un minimum de couverture politicienne pour pouvoir agir. Autrement dit un grand législateur par le bâton et les menottes est forcément un peu un corrupteur, alors que la fliquette qui pose des PV, pourtant aussi nécéssaires(désolé pour ceux qui sont contrevenants mais c'est vrai, moi j'm'en fous je n'ai que mes vieilles godasses, vive la pauvreté), est une emmerdeuse qui ne vous veut que du mal et qui travaille à remplir les caisses de l'état par ce qu'elle trouve dans vos fouilles. En un mot, le grand flic est un peu corrompu puisque c'est obligatoire dans son boulot(et risque tout de même de se faire virer aussi s'il fait le con), et les flics de base sont soit des emmerdeurs soit des salauds. Allez donner votre vie pour l'ordre et la loi avec ça. Le flic est le tampon entre l'état et la société. Or aujourd'hui l'état lui donne ses ordres et la société condamne l'éxécution de ces ordres, excepté si toutes les précautions sont prises, y compris celle de mettre une petite mousse sur le bâton pour ne pas blesser la racaille qui hurle qu'elle butera toute votre famille et violera votre femme. Le flic prenait les coups de la société depuis toujours, et le faisait pour servir l'état qui cherche à contrôler la sociétéet à la faire évoluer et grandir. C'était le lot du gardien de la paix.

 

Quel rapport avec Sarkozy et son double? Très simple, c'est lui qui a eu l'idée géniale de céder aux soixante-huitards et de changer le schéma société/hait/police/obéit/état en société/hait/police/obéit/état/obéit/société. La haine populaire du flic a toujours un peu existé(de Funès l'a très bien prouvé), mais le flic ne fait que servir l'état et c'est le devoir de l'état de supporter ce que ses gens font, comme un seigneur envers ses hommes. Sarkozy a trahi le pacte du politicien envers le flic. Il a eu la malhonnêteté de faire passer des lois soi-disant hyper-restrictives alors qu'il retirait les derniers flics en place dans les banlieues(police de proximité) pour ne laisser que les patrouilles mobiles, de faire passer des circulaires internes demandant à remplacer si possible les plaintes par des mains courantes pour que sur le bilan à montrer aux journalistes il y ait moins de plaintes notées, de faire pression sur les commissaires qui firent pression sur leurs troupes pour éviter les bavures, quitte à ne pas faire leur travail, pour choper vingt fumeurs de cannabis plutôt qu'un vendeur qui en fournit cent(politique du chiffre, quelle grandiose idée!), pour ne pas prendre le risque de voir des flics même volontaires être blessés dans des combats de rue ou des rixes, toujours afin de ne pas augmenter le chiffre de flics sinistrés du climat social, il a fait tout cela, et quand on place un obéissant second couteau pour garder cette relation de mépris entre l'état et la police alors qu'ils ne font que le servir, on mérite sa place au Panthéon des connards irresponsables et vaniteux qui passent leur vie à chier sur leurs subalternes tout en s'extasiant de son propre génie devant des cons de journalistes qui se feront un plaisir de faire écho.

Votez Sarkozy, l'homme de la fin de mai 68!

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