Je suis un peu occupé ces temps-ci...

Publié le par LDT

Mais j'ai quand même trouvé de quoi prouver l'incommensurable courage de notre gouvernement, pourtant bien empêtré dans les Woertheries.

C'est .

C'est d'un courage exceptionnel, non?

La loi, on s'en fout. Le devoir policier, on s'en fout. Les petits merdeux qui roulent partout et n'importe comment, sur les trottoirs et qui insultent les gens qui sont dans le passage et dans leur bon droit, on s'en fout. Mais la réélection de Sarkozy, ça on ne s'en fout surtout paaaaaaaaas! Oh mon Dieu non, cela passe avant toute chose, c'est primordial, c'est LA SEULE CHOSE QUI COMPTE POUR LES FONCTIONNAIRES DE FRANCE AUJOURD'HUI!...pffff, vous voyez, c'est ça qui m'a fait monarchiste, le fait que je savais parfaitement que le système républicain était voué à servir l'élu, et pas le dirigeant.

Woerth lui, est quand même un bel exemple d'une tactique sarkozyenne venue tout droit de son mentor Bush: tant qu'on admet pas son erreur ou sa défaite, on a raison. Et en politique, où l'opinion subjective est la capricieuse déesse des élections, arriver à faire croire qu'on a raison est tout. L'exemple est vieux maintenant. Quand on demanda à Bush en 2007 quelles erreurs il avait pu faire auparavant, il répondit: "avoir hissé un drapeau mission accomplie sur un porte-avion, c'en était une". Bien entendu, toutes ses erreurs étaient en réalité les mensonges qu'il avait donné à manger aux étatsuniens, qui avaient conduit à cette stupide guerre à pétrole et qui sont retombés sur les épaules d'Obama après 2008. Mais avec cette esquive, Bush pouvait prétendre avoir "admis ses erreurs" et ne plus être ennuyé par la question, tout en n'ayant rien admis du tout.

Sarkozy, à plusieurs anciennes reprises, a fait de même. L'exemple récent d'Eric Woerth est flagrant, des enveloppes, des transactions, des témoins, des dîners, un ministre et un président touchés, un UMP enchaîné à des inspections financières annulées...Il y a de quoi mettre Woerth, Sarkozy et beaucoup d'autres hors du circuit politique pour un bon moment, même si l'on peut passer sur les sympathies de Mme Bettencourt pour l'UMP. Et alors, devant leur quasiment évidente culpabilité, avec témoins qui parlent et preuves déjà devinées partout(mais pas encore passées en jugement, donc je n'affirmerai aucune culpabilité moi-même), que font Sarkozy et Woerth?

"Nous n'avons rien à nous reprocher". "Nous allons porter plainte". "C'est de la diffamation". "Ce sont des calomnies visant à nous salir". "Cela nous fait mal". "Méchants". "Nous ne voulons que faire le bien public", en somme. Les pauvres victimes d'une "cabale" qui n'ont rien à se reprocher. Deux vrais saints, Saint Woerth qui aime les Bettencourt tellement qu'il leur offre de faire passer à la trappe leurs inspecteurs des impôts, et Saint Sarkozy qui punira tous les "méchants" qui osent dire du mal de lui.

Vivement le procès. Je crois que j'aurai de quoi rire, et je ne serai pas le seul. Au fait, Mr Woerth, vous qui avez déclaré vouloir "étrangler" ceux qui vous attaquaient, venez m'étranglez s'il-vous-plaît. Ce sera un plaisir de vous coller une baffe en toute légitime défense pour tout l'argent que vous avez gagné grâce à vos amitiés et votre Sainteté!

Louis D. Tisserand

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