L'allocation familiale, la locution parentale?

Publié le par LDT

Sarkozy, au dégoût de certains, semble avoir décidé de sortir contre l'abstention des élèves l'artillerie la plus efficace, celle qui touche directement au porte-monnaie.

Il a déclaré vouloir retirer les allocations familiales aux parents des enfants qui sont des absentéistes récidivistes, ce qui semble être la solution la plus évidente pour remettre les parents dans un rôle qu'ils n'ont plus trop aujourd'hui, trop occupés qu'ils sont à satisfaire leurs besoins personnels de "jouir sans entraves", celui de dire à leur mômes ce qu'ils doivent faire et ne pas faire et de les forcer à s'instruire. Non pas que jouir soit un mal ou une chose nécéssairement critiquable mais ignorer l'enfant qui vous entrave de tous vos plaisirs est tout de même légèrement digne d'une bonne mandale, force étatique, dans la tronche.

Bien sûr, les sirènes de l'injustice vont sonner à pleine force sur cette mesure anti-fric obligatoire(quand ça vient de l'état à en croire certains ça tombe du Ciel), bien sûr, les parents ne sont pas forcément des fainéants ou des égoïstes, il y a aussi un bon paquet d'incapables ou de travailleurs(surtout dans les familles de mère seule) qui n'ont pas le temps d'éduquer comme ils le voudraient leurs enfants ou ne savent pas comment. Bien sûr les problèmes de chacun ne doivent pas être ignorés de l'état. Les problèmes de chacun toutefois, sont surtout dans le cas de la condamnation de l'interdiction d'allocs, des problèmes qu'on aime rejeter sur l'état. C'est tellement plus simple de dire qu'on a besoin d'argent et que l'état doit le donner mais d'omettre que c'est le devoir parental que de forcer son môme à aller apprendre.

D'un point de vue social national, et d'un point de vue éthique, c'est vrai que retirer les allocs n'est pas exactement la bonne solution, la bonne solution serait de remettre de l'ordre dans l'école et de l'autorité des professeurs, qui sont aujourd'hui quasiment les copains de jeux des élèves ou des vieilles peaux méprisées par ceux-ci. Ce serait de replacer le principe d'éducation, dans le sens culturel et intellectuel, au coeur du parcours dans lequel on force l'enfant. Mais ce n'est pas demain la veille que l'école deviendra un lieu d'apprentissage, pour l'instant c'est un terrain de jeux de plus avec éventuellement des profs qui demandent d'apprendre. Pour remettre en place l'ordre moral dans la société française, ne comptez pas trop sur Sarkozy le président de la fin de mai 68.

Retirer les allocations ne servira pas à forcer tous les parents à renvoyer leurs gosses à l'école, quand certains y sont allergiques(c'était mon cas) rien n'y fait, surtout quand les parents ont peu d'autorité sur eux.

Mais même si certains parents n'ont effectivement pas besoin qu'on leur retire les allocs pour qu'ils gueulent sur leurs mômes paresseux, mais juste d'une bonne leçon d'autorité, d'autres sont des je-m'en-foutistes avérés, qui laissent l'état faire pleuvoir les aides tout en laissant leurs mômes faire ce qu'ils veulent. Ca existe peu mais ça existe, en plus grande proportion qu'ailleurs chez les familles d'immigrés du Maghreb et d'Afrique qui en sont encore au système endogame et qui attendent que les enfants apprennent de la vie plutôt que de les forcer dans une éducation personnelle pointue, administrée par les parents pour le comportement, la politesse, la morale et les devoirs, et par l'école pour la culture. Cette éducation à donner à chacun n'est pas encore une norme de la société française acceptée comme le fait que l'eau mouille, on tergiverse dessus, on touille, on retouille, on retourne le problème, mais le problème n'est pas la seule faillite de l'école publique(ou privée parfois), le problème c'est que tout regarder à l'échelle nationale finit par faire disparaître les concepts de famille et de responsabilité familiale. A vouloir mettre tous les problèmes sur l'école ou les enfants seuls, qui ne sont après tout que ce que les adultes font d'eux, on finit par retirer toute responsabilité aux parents, et rappeler à ceux-ci que la société donne mais demande des comptes n'est pas un crime. On fait de nos jours l'ablation de la sphère parentale pour ne se concentrer que sur la sphère nationale. Le truc c'est qui si vous mettez tout sur le dos de l'état, qui n'est qu'une grosse machine bête et puissante, il va réagir en mettant tous les enfants au même niveau et au même cours, en faisant de parfaits petits robots, et virant définitivement les parents de la vie des élèves, ce qui se traduirait légalement par une mise en internat de TOUS les enfants de cette nation.

Les parents sont ceux qui sont là pour leur apprendre à être adultes, l'école est là pour leur apprendre la culture nécéssaire. Retirer l'aide de l'état aux parents qui rejettent leur rôle d'éducateurs n'est qu'un juste équilibre: le parent ne force pas son enfant à étudier? L'état ne la récompensera plus d'être un mauvais élément du corps national. Les aides ne tombent pas du ciel mais d'une machine qui est là pour tenir et contrôler la société, et ceux qui ne servent pas correctement la société se doivent d'être punis par cette machine. Punir continuellement les gosses par un opprobre professoral qui n'est que verbal ou même par des avertissements qui n'ont aucune valeur aux yeux de l'enfant ou de l'adolescent qui n'attend rien de l'école ne sert à rien. Forcer les parents à faire comprendre à leurs mouflets pourquoi ils doivent aller à l'école, même si c'est par une méthode détournée, a le mérite de ramener les parents à leur place: devant l'enfant, à lui dire quels sont ses devoirs envers la société.

Cela dit, l'idée de le faire systématiquement est idiot. Des parents sans autorité seront seulement plus décrédibilisés si leurs enfants peuvent se dire "et en plus elle n'a plus d'argent". Des gens qui n'ont pas le temps de pouvoir éduquer comme ils le veulent ne gagneront rien à se voir retirer ces aides, selon moi il serait plus judicieux de faire passer les dossiers des enfants absentéïstes devant les directeurs d'écoles et juges des enfants, ou l'autorité de l'état en place pour juger de la faute des parents et juger si les punir de leur démission est utile ou pas. Si la démission des parents est visible, bien sûr qu'ils doivent être punis, sinon ce serait accréditer l'idée selon laquelle l'état est une vache à lait dont il faut profiter sans la nourrir. Retirer les allocations pour forcer le parent à sa place est une nécéssité absolue si l'on veut que la société tienne. Sinon on peut tout aussi bien laisser les mômes faire ce qu'ils veulent et s'étonner qu'ils soient cons et incultes à vingt ans, et même si cela ramènera peu d'élèves à l'école, au moins le principe de la non-gratuité des aides sociales sera passé. Ca aussi c'est une grande leçon à apprendre dans la France d'aujourd'hui.

Et pour ceux qui se demandent si les enfants qui ne vont pas à l'école ont de plus grandes chances d'être déliquants, aller faire un tour dans les prisons, section petits délits, et demandez si les internés étaient de bons élèves...

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sullilaeti 21/04/2010 06:08


Comme je le dit souvant, la politique et moi sa fait deux.
Bonne journée