L'art de l'exercice du pouvoir

Publié le par LDT

J'expliquais dans mon dernier article comment la démocratie était un mensonge du tout au tout. Ici je m'attaque à l'envers du décor, ou comment le pouvoir s'exerce en démocratie étant donné qu'il ne peut être au peuple.

Il existe trois formes de pouvoir immuables qui influent sur une société: la monarchie, l'aristocratie et l'oligarchie.

La monarchie n'est pas un pouvoir nécessairement sanctionné par un titre, royal, impérial ou autre. De fait, quand un homme seul est capable de commander à toute une société(nationale de préférence, mais même dans d'autres structures le principe reste le même), il est monarque, seul au pouvoir et capable de se faire obéir de tous. L'aristocratie est le groupe, diffus ou fermé, de gens qui ont un pouvoir sur des subordonnés et sont capables de se servir de leur pouvoir pour influer sur le fonctionnement de la société, en accord avec d'autres aristocrates ou en en appelant au monarque. Ce sont ceux qui assurent le fonctionnement de la société, avant même l'idéologie en place, l'ordre moral ou l'économie, ils sont l'ordre social. L'oligarchie elle n'est pas toujours organisée hiérarchiquement, c'est plutôt un pouvoir de grande influence car chacun est dépendant de l'argent à point ou à un autre. L'oligarchie est le pouvoir le moins puissant mais aussi le plus présent car il est nécessaire à tous.

Ces trois formes de pouvoir sont en conflit perpétuel, un temps la société pliera plus sous les exigences de l'oligarchie, d'autres temps sous celles de l'aristocratie ou celles du monarque. Les modèles de société, entre autres, se différencient par leur propension à utiliser ces trois-là. Le modèle anglosaxon qui nous envahit emploie une aristocratie puissante formée par l'oligarchie, et évacue le plus possible le pouvoir monarchique. C'est une sorte d'équilibre à trouver entre les aristocrates qui définissent leur pouvoir par leur richesse, et qui cherchent collectivement à éviter les conflits et les affaiblissements de leur pouvoir aristocratique au profit d'autres riches ou d'un monarque. L'Angleterre est faite pour le compromis mou, l'entente entre riches pour la préservation de la société. Le modèle français est très différent, il compte sur une aristocratie relativement forte-influente, qui sait garder le pouvoir-mais qui n'a pas de moyen d'union, contrairement à la société anglaise où l'aristocratie est par principe unie pour sa survie. L'union dans le modèle français s'est toujours faite par la monarchie, et les aristocrates ont toujours défendu leurs propres intérêts, au lieu de s'unir. L'oligarchie chez nous a toujours été un pouvoir honni(culture catholique oblige), ça n'a pas diminué son influence mais elle s'est faite plus ignorer, ce qui a par ailleurs été une des causes de la révolution française. Les frictions entre le modèle français et le modèle anglosaxon envahissant viennent de là: les français s'attendent à voir un monarque les protéger du pouvoir débridé de l'oligarchie, ou tout du moins voir son aristocratie agir pour l'arrêter, et au lieu de cela, ils assistent à la destruction progressive de la richesse française-inégalités, délocalisations, affaiblissement du pouvoir d'achat...-et entendent leur aristocratie leur dire que c'est inévitable, ce qui les fait désespérer sur la corruption morale croissante de la classe politique française.

C'est ce que les Bienpensants, tous élèves, qu'ils le sachent ou pas, d'Albion, ont fait: ils ont formé une aristocratie française nouvelle, après celle qui avait pour un temps survécu à mai 68, et qui a été remplacée en 1984 à la création de la Bienpensance; Pendant que les socialistes et leurs officines vendaient leur idéologie nouvelle au peuple, de nouvelles élites, plus obéissantes au pouvoir socialiste car choisies selon des critères de richesse-comme chez les anglais-étaient installées dans les médias et dans l'état, pour pouvoir mieux contrôler la politique. C'est à cause de la présence menaçante de cette aristocratie et du pouvoir médiatique, politique et oligarchique qu'elle représentait que la droite remise au pouvoir n'a pas voulu remettre en question la Bienpensance. Ce n'est pas qu'une idéologie. C'est une idéologie servant une aristocratie elle-même existante grâce au pouvoir oligarchique. Ne sont-ce pas les grands patrons propriétaires de chaînes qui décident de qui est mis en place dans leurs entreprises, et qui sont conseillés par des enfants de Séguéla, Probst et Saussez?

La France se meurt, non pas parce qu'elle baisse le niveau jusqu'à être dépassée par les communautarismes de crétins assermentés à leurs clans ou à leur religion plutôt qu'à la Nation, non pas parce qu'elle aime l'idée de mourir après avoir été une grande dame, non pas parce que son dernier gardien de Gaulle est mort sans laisser d'enfant à sa carrure. La France se meurt parce que le pouvoir tel qu'il doit s'exercer en France ne peut plus être, parce que l'aristocratie d'égoïstes tenus par un monarque a été remplacée par une aristocratie d'oligarques qui se contrefichent de la France puisqu'elle ne leur rapporte pas plus d'argent(donc plus de pouvoir). La France se meurt parce qu'être français tel qu'on l'a toujours été n'est plus possible dans une nation où tout le pouvoir médiatique, politique, idéologique ou autre, dépend d'une aristocratie elle-même au service de l'oligarchie. Le fric toujours le fric. Eh oui mais pour changer ça il n'y a que deux solutions.

La révolution et le chaos qui permettront d'installer, comme c'est à chaque fois le seul choix qui nous reste, un dictateur, ou bien un coup d'état, fait doucement, en reprenant le pouvoir politique et médiatique par la force des armes, un peu à la de Gaulle de 58 "je reprends le volant puisque vous conduisez comme des cons", ou plus brutalement, d'un bon coup militaire comme les Révolutionnaires de 1789. Peu importe, les violences ne profiteront à personne. Mais pouvoir réinstaurer un pouvoir français, capable de diriger le pays comme on doit le diriger, et capable de ne pas tout céder au pognon, cela profitera à tout le monde, sans exception. Tout est question de savoir ce qui lâchera en premier: l'économie néolibérale, qui fera une révolution? La patience des français face aux racailles enfants d'immigrés, amenés au nom de cette aristocratie oligarchique, ce qui commencera des attentats et des tueries jusqu'à ce qu'on demande au pouvoir de partir, par les armes du peuple ou par celles des militaires? Le désespoir des éjectés de l'économie parce que pas assez productifs dans ce monde mondialisé pour l'argent, ce qui fera aussi des attaques résultant en une politique sécuritaire qui mènera au conflit entre peuple et gouvernement? Autre chose?

Quelle que soit notre porte de sortie, nous passerons par une dictature, installée d'une manière ou d'une autre. La société française ne peut survivre dans une anglicisation qui lui est totalement maléfique. Soit elle détruira l'anglicisation, soit elle s'auto-détruira totalement pour se recréer, autrement dit elle entrera en révolution. Vu l'état très avancé de notre France anglosaxonne, mon verdict est sans appel, nous passerons par une révolution. Dure ou pas, faite par des gens éclairés ou ignares, je n'en sais rien, mais déjà les signes de français qui n'en peuvent plus s'accumulent partout. Au premier meurtre de racaille ou de bienpensant défendant les racailles, à l'annonce de l'explosion définitive de l'économie néolibérale, à la prochaine fermeture d'usine qui mettra quelques furieux prêts à faire payer les coupables de leur pauvreté, on pourra compter les jours de survie de la Cinquième République.

« Mitterrand a détruit la Ve République par orgueil, Valéry Giscard d'Estaing par vanité et Jacques Chirac par inadvertance » Marie-France Garaud

Sarkozy verra la Cinquième s'autodétruire, non pas par action, mais par héritage. Comme cette madame Garaud avait raison!

Louis D. Tisserand

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