L'hédonisme force-t-il vraiment à la décadence?

Publié le par LDT

L'hédonisme, s'adonner à ses plaisirs et son confort plutôt qu'à l'effort, fait nécéssairement une certaine décadence humaine. Après tout, qui est le plus apte à devenir un grand homme, celui qui a fait des efforts pour combattre une adversité ou atteindre un objectif ambitieux ou celui qui s'est contenté de vivre avec ce qu'il avait? Le premier, sans aucun doute possible. C'est le vieux principe de Nietzsche quelque part, l'homme simple doit se dépasser et devenir surhomme ou la civilisation humaine périra. Périr semble avoir été notre choix, mais-chfaiscquejveux l'a prouvé. C'est vrai pour la France, mais aussi pour les autres nations européennes, après la chute du fascisme qui voulait créer un nouvel ordre racial et autoritaire, il n'y eut que le choix du simple plaisir et de la facilité dans la démocratie(qui n'existe pas), ou du communisme ou de l'anarchisme, mais défendre un système social n'est pas défendre un idéal humain exigeant efforts et dépassement de soi, chose que le nazisme appelait. L'Occident récent s'est laissé aller à l'hédonisme, au nom de la démocratie(qui n'existe toujours pas, je le réécrirai à chaque fois) qui exigeait de voir chacun dire ce qu'il voulait, et du plaisir personnel, qui n'exigeait que d'exister le plus possible et pour cela de retirer les barrières l'en empêchant...la morale par exemple. Ou la politesse, ou le devoir, enfin comme ils disaient, Jouis sans entrave, camarade. L'hédonisme, c'est une évidence, est non seulement un inévitable finalité pour une société qui a acquis la sécurité économique et physique pour ses membres, mais c'est aussi le plus grand corrupteur de société. Celui qui ne remplit pas son devoir dans une société au nom de son égoïste plaisir est certain d'être responsable des plus grands dysfonctionnements dans celle-ci. L'hédonisme fait la décadence humaine, ramène des hommes au rang d'outres pleines ou d'impossible fainéants(je sais de quoi je parle, gosse j'étais idiot et fainéant et je m'en contentais très bien) ou dans un nouveau genre, de gros tas incapables de se lever de la chaise posée devant leur écran affichant des jeux vidéos, et il fait la décadence sociale. Bon.

Mais la force-t-il? Ce n'est pas une nuance mais une différence importante. Les effets de l'hédonisme dans une société ou l'on a atteint assez de sécurité sont inévitables, mais est-il possible de tirer un alcoolique de son vin ou un fainéant de son divan si la nécessité le lui impose? C'est tout de même une question à se poser, en cette ère de fin de la civilisation européenne. Nous qui sommes si avancés dans notre décadence, nous en sommes à avoir des gens qui se disent que tout est foutu, qu'on ne sauvera plus cette épave de France, que notre mort est consumée, baissez les bras, c'est fini, plus de tickets, rentrez chez vous, buvez, cuvez et crevez. A vingt ans ça n'est pas trop encourageant d'entendre ça, je n'ai pas trop envie d'un destin pareil. Donc sachant que je ne peux que réfléchir et écrire un peu, je me demande ceci, que va-t-on faire des tas de décervelés(bon à partir de vingt ans, on ne peut pas faire grand-chose pour eux...a part de la chirurgie neuronale =), des fainéants qui ne savent que s'amuser, des dépressifs de tous les muscles, des Tanguy de trente ans? Je suppose que c'est au cas par cas qu'il faudrait voir comment réveiller nos plus léthargiques concitoyens. Mais pour savoir si le jeu en vaut la chandelle, il faut répondre à ceci: l'hédonisme se force-t-il sur les gens? Ou peut-on vraiment se sortir, quoiqu'ait été la vie vécue jusque-là, de l'amour immodéré pour son plaisir personnel, ses fêtes toutes les nuits, son divan si confortable, ses copains, sa petite vie facile? Je me demande quel genre de poussée il faut donner pour faire remuer un tas de viande sans volonté, si tant est que c'est encore possible passé un certain âge. L'hédonisme écrasera l'humain, ou la volonté peut-elle faire revenir à une vie "normale", avec une autre ambition que d'en faire le moins possible? J'ai tout de même l'impression qui si on leur donne une bonne raison de le faire, même les pires fainéants se remueront. Je me trompe peut-être... En tout cas, vu la situation économique de la France, je suis assuré d'avoir un terrain d'observation parfait dans les années à venir. Dès que la prochaine crise arrivera, vivement la fin du dollar. C'est triste à dire mais tout comme la médecine a énormément profité de la guerre, les sciences sociales ont énormément profité des ratés sociaux.

Dans un autre sens, le social cette fois, je me repose la question, sans être sûr là non plus de la réponse: toute société devenant hédoniste, et chaque société hédoniste ayant suivi sa décadence jusqu'à sa mort(voyez Rome, voyez-nous...), l'humain et ses capacités de socialisation sont-elles encore trop faibles pour qu'aucune civilisation ne survive, une fois la sécurité atteinte? Rome est morte d'avoir trop dormi sur ses lauriers; Nous avons de bonnes chances de mourir de la même façon. Est-ce là notre destin, notre inévitable fin de route, mourir doucement et disparaître? Je ne pense pas. Mais il faudrait des pages entières d'explications de pourquoi, et ce n'est pas vraiment utile de les mettre ici. Simplement je suis persuadé qu'une civilisation peut survivre si elle maîtrise bien sa société, même si celle-ci est hédoniste, et que tant qu'on garde en tête ce qui fait vivre la société, une sorte de religion, de morale et de lois non basées sur le plaisir égoïste, alors elle a ses chances. Mais compter sur la sagesse des humains et leur respect des écritures, ça c'est plus qu'une vision optimiste, c'est la vision d'un fou. Combien de siècles faudra-t-il pour que cette espèce humaine devienne moins téméraire, et surtout moins oublieuse?

Louis D. Tisserand

Commenter cet article

gilbert 04/10/2011 19:34


trop de plaisirs emoussent le plaisir . la douleur fait aussi partie de la vie .