La domination sociale, nécéssité absolue

Publié le par LDT

Quelques affaires tombent ou retombent pour m'amener à choisir un sujet souvent mal compris en sociologie: la domination sociale. Certains, dont Bourdieu qui n'était pourtant pas le pire de ceux de notre profession, ont passé leur carrière à expliquer d'où et comment se faisait la domination sociale pour pouvoir mieux la combattre. Or ils se leurraient tous dans le sens ou chercher à détruire la domination sociale ne peut qu'amener à une autre domination sociale: celle-ci est nécéssaire chez les humains, par instinct ils ont besoin d'être dominés. Attention dominés n'est pas opressés ou martyrisés, mais dominés, contrôlés, tenus, obligés d'obéir à un certain ordre imposé par le dominant. Dès qu'une société se forme, il est nécéssaire de trouver soit une idéologie commune pour ne pas faire de conflit entre les parties, soit d'avoir un dominant(ou un organe dominant qui aura lui-même un dominant, en France c'est l'état dominé par le président) pour assurer un commandement et régler les conflits internes.

Dans le cas des français le dominant a été le seigneur féodal qui défendait sa terre, le serviteur du roi avec la centralisation, le roi avec plus de centralisation, l'état républicain, l'empereur, puis les états qui ont suivis. Cette évolution a concentré de plus en plus de pouvoirs dans un état centralisé disposant d'une police nationale pour tenir son ordre. C'est à cette police et aux lois de cette état que les français sont soumis, c'est au nom du bon fonctionnement de cet état qu'ils ne vont pas agir comme le voudrait parfois la décence humaine, comme à Grenoble il y a peu. Choquant, qu'on laisse tabasser à mort un type au nom du respect de la loi? Faux peut-être aux oreilles de certains? Et pourtant tellement, tristement, vrai, car c'est la seule raison, au-delà de la peur, qui empêche les gens d'agir. Et même avec la peur, les français ont beau être des veaux comme disait de Gaulle, ce sont des veaux qui ne sont pas réticents à donner quelques coups de tête aux gamins qui les importunent. Si un tel figeage arrive à des gens face à une situation ou ils savent que l'on a besoin d'eux, ce n'est pas au nom de la constitution ou du code civil. Personne ne se récite la Déclaration des droits de l'homme et du singe(les racailles étant mis au même titre, il faut bien préciser la différence) alors qu'il assiste à une attaque, mais chacun se pose internement une question. "Que faire? Que fait la police? J'y vais ou j'y vais pas? Je ne veux pas que ça se retourne contre moi...Mais je dois y aller!" ou en une seule question qui résume le tout "Que se passe t-il?". Comment le français éduqué depuis toujours dans l'honnêteté(par principe au moins) et le respect des conventions sociales, pour qui le crime est l'affaire de la police et des compagnies d'assurances, à qui il n'arrive rien puisqu'il espère qu'un autre, policier, militaire ou vigile, s'occupera des problèmes de violence, comment celui-là, dominé depuis toujours par le règne de l'état et de son changeant cerveau, qui a passé toute sa vie à obéir à ce dominant-là, comment doit-il réagir quand pour la première fois(ou même la seconde ou troisième, il faut beaucoup de temps pour s'y habituer) il rencontre le danger, immédiat et violent, qui ne s'embarrasse pas de conventions sociales et de règles, qui frappe, qui bute, qui tue, qui viole, comment réagir quand on a passé toute sa vie à se dire qu'un autre s'en occupe? On ne réagit pas.

C'est cela, la domination, l'obéissance à un ordre donné, qu'on ne brise qu'en reniant son dominant. Quel français, de cette nation qui pour certains devrait être un havre de paix, de Bien et de gentillesse, la destination idéale des touristes, quel homme qui n'a pas grandi dans un milieu hostile ou ne vit dans un depuis longtemps peut agir sans se poser de questions sur les conventions? Aucun. La France n'est pas une nation de tafioles, la France est une nation civilisée qui voit ses fils et filles attendre une réaction de son dominant. Or on sait bien, et je l'ai écrit plus tôt, ce combien l'état s'empresse de remplir son devoir. La révolte gronde....

Les racailles elles n'ont pas ce problème, ce sont des macaques malencontreusement autorisés par volonté du Medef à vivre en terre civilisée, pas des citoyens honorables qui ont quelques problèmes avec l'état et l'ensemble des gens honnêtes(intellectuellement et légalement). Pour la racaille, le dominant c'est comme indiqué , et c'est tout. Ils n'ont qu'une idéologie commune, celle de la "classe" déterminée par le niveau de "respect"(qui n'a rien à voir avec le respect dans le sens normal du mot), et le reste n'est qu'à haïr. La police, l'intelligence, le travail, les critiques, les honnêtes, tous ceux qui ne leur portent pas le "respect" dû selon leurs critères, tout ce qui est autre à leur minuscule vision du monde est ennemi. Alors pourquoi s'étonner des agressions et de la haine, de la pandémie de bêtise crasse et arrogante par devoir de "respect", de l'agressivité totale, que les français rendraient bien s'ils n'attendaient que l'état le fasse? Comment s'étonner des mômes qui poignardent leurs profs, des surveillants tabassés pour cause de non-"respect", des familles terrorisées et des rues vidées de magasins parce que les racailles ont définitivement installé leur domination et que personne ne les en empêche(la police étant accusée de "bavure" dès qu'un merdeux est tabassé alors qu'ils ne respectent que la force)? On pourrait revenir aussi à la question ancienne aujourd'hui du pourquoi du vide commercial dans les cités pourries, du pourquoi de la détestation des gens envers les racailles, qui se plaignent d'être mal vus tout en ne passant jamais sur la question du pourquoi sont-ils mal vus. Mais simplement, je dirai ceci: vous qui êtes égal d'un gorille, ne vous étonnez pas si les humains vous méprisent, vous et votre bruit, et votre agressivité, et de votre comportement. Quand vous êtes de la merde, c'est normal que les gens vous traitent comme de la merde.

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