La République bâtarde

Publié le par LDT

En regardant l'histoire et le monde d'aujourd'hui, j'arrivais parfois à une conclusion mi-désolante mi-enivrante: nous ne sommes que le résultat des erreurs du passé. Nous, pas les humains vivants, mais ce que nous avons dans la tête, ce qui nous a éduqué, n'est qu'une longue série d'erreurs. J'ai pensé cela pendant longtemps avant de comprendre la décadence, et que ce n'était que durant les cinq cents dernières années que nous nous sommes enfoncés dans des erreurs.

La République française et les raisons de sa création sont en ce sens exemplaires. Le cas républicain peut être comparé aux débuts du marxisme après le capitalisme, du féminisme après la destruction des valeurs morales classiques(qui favorisaient une place pour l'homme et la femme alors que les valeurs morales d'après-révolution ont toutes favorisées la révolte, la lutte, la victoire contre le supérieur hiérarchique, choses dans lesquelles les femmes n'excellaient pas vraiment) ou de la Bienpensance après la destruction de la France en 1940 et l'abattage des quelques rivets que De Gaulle avait planté pour sauver l'édifice France.

La république n'est pas née, contrairement à la propagande en place depuis les débuts de la troisième république, par une miraculeuse révolution populaire qui a mené tous les Parisiens à descendre Louis XVI de son piédestal. Elle n'est pas née par une illumination mythique qui en quelques années a concentré tout le savoir acquis durant le siècle des Lumières. Elle est née par la faim. Pas parce que les français et les parisiens ont désiré la république, ça ce n'était que le seul autre choix qu'ils avaient. La république est née quand les parisiens, excédés par la richesse de l'aristocratie française qui ne savait même plus comment vivaient ses sans-culottes, ont décidé d'abattre la monarchie et d'instaurer un autre régime. La république n'est pas née par aucune volonté de progrès de la part du peuple, elle est née par rejet de la monarchie absolue.

Le marxisme n'est pas né de la vision exceptionnelle d'un grand penseur. Il est né parce que ce penseur a considéré le problème du capitalisme comme primordial dans la société moderne(il avait raison d'ailleurs). Le féminisme n'est né que parce que la place de la femme n'existait plus après un XIXe siècle où le seul combat, la seule révolution qui demandait combat pouvait apporter le bohneur. La petite vie tranquille où il y avait une place pour la femme a disparu à la fin de la royauté. La Bienpensance est aussi née parce que la destruction de l'ordre moral par mais-jfaiscquejveux(mai 68) a crée le vide pour un nouvel ordre, sans quoi la société aurait implosé.

L'ensemble des ces ratés et de ces destructions a fait la société actuelle, tiraillée par un esprit républicain qui empêche d'agir sans avoir l'avis de tous, un marxisme qui exige que le subordonné combatte son supérieur hiérarchique, un féminisme qui assure que l'homme bien est un homme sans virilité pour être compatible avec la femme sans féminité née du siècle des révolutions, et une Bienpensance qui ne tolère que son unique pensée et demande à chacun de suivre ses règles sous peine d'être condamné médiatiquement(et les médias faisant l'information du public ça peut avoir de grosses conséquences).

Les conséquences de ces quatre-là, entre autres, ont mené à un illogisme certain et très dur à annihiler dans la société actuelle: pas plus tard qu'hier, Sarkozy a refait un petit kasstoipauvcon. Ma foi ce n'était pas plus glorieux que le premier mais pas bien méchant. Ce qui compte d'ailleurs ce n'est pas la réaction du nain, mais l'attitude du petit con provocateur en face. Pourquoi tenter de provoquer une personne qui vous est socialement largement supérieure? Par devoir marxiste. Pourquoi prendre ce risque? Il n'y a aucun risque, tout ce qu'il risque c'est une invective, le président ne pourra même pas lui faire coller une baffe sous peine d'être le Nouveau Terrifiant Dictateur de la France Nazie(NTDFN). Mais s'il le fait c'est aussi par esprit républicain, ne pas laisser le monarque agir comme bon lui semble, et vu que la jeunesse d'aujourd'hui est bieeeen trop bête pour tenter d'attaquer Sarkozy sur le terrain du débat politique, elle préfère la provocation à la DCB.cohnbendit_gilles_caron.jpg

Le problème dans toute cette lutte sans fin, il est double, tout d'abord bien entendu toutes ces luttes demandent plus de haine envers l'autre: il est interdit à un marxiste de chercher le bien chez un patron, interdit à un républicain d'applaudir à une décision faite de façon monarchique, interdit à une féministe de regretter l'homme viril et autoritaire qui était autrefois la norme. Et ensuite et surtout, il n'existe que trois formes de pouvoir dans une société, l'aristocratie, l'oligarchie, et la monarchie. Les trois sont toujours un peu en conflit et en paix, toujours en train de chercher à profiter l'une des autres tout en ne s'engageant sur rien. Mais seules ces trois formes de pouvoir existent, le reste n'est que flonflons qui dépendent d'un de ces trois-là. Tout le combat des républicains est de détruire la monarchie, le combat des marxistes de détruire l'oligarchie et personne ne cherche à s'attaquer à l'aristocratie. Or la monarchie n'est pas un mal ou un crime, c'est une nécéssité pour faire bouger la société, l'oligarchie est aussi nécéssaire que l'est l'argent, et l'aristocratie a beau sembler pacifique et peu gênante, c'est elle qui a coincé la situation en 1789 et qui a fait la révolution, et c'est elle qui est la conservatrice des trois. L'argent n'a pas d'odeur, et il n'y a que la monarchie qui peut faire avancer les choses quand tous ne sont pas d'accord. C'est ainsi, il faut un homme, une seule voix, pour dire à tous d'avancer. C'est cela, la monarchie. Pas une simple question de sang ou d'éducation. Mais avec toutes des idéologies qui nous avalent la monarchie et criminalisent l'oligarchie(sans la combattre ils ne savent pas comment!) tout en foutant la paix à l'aristocratie, il ne faut pas s'étonner qu'en France rien ne se passe pour résoudre les problèmes. Tant que l'on récusera la monarchie on restera en place. Sarkozy lui-même la récuse d'ailleurs puisqu'il ne marche que là où la majorité des Bienpensants l'autorisent à marcher, eux qui forment l'aristocratie française actuelle. Il faudra pourtant accepter cette monarchie, si l'on veut avancer. Il le faudra, quitte à écraser la république. La révolte s'approche, et elle ne sera pas joyeuse...pas plus que quand ils ont ramené Louis à Versailles...

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sullilaeti 23/04/2010 05:09


Comme je le dit souvant, la république et moi, sa fait deux.
Passe une bonne journée et bonne continuation.


LDT 23/04/2010 19:24



Dois-je comprendre que des monarchistes me lisent? Ca fait plaisir...