Le grand cercle de la Connerie

Publié le par LDT

Pas grand-chose dans l'actualité aujourd'hui. Untel a dit ceci, Autretel a dit cela...Zut.

Sans actualité je n'ai pas de sujet. Si je n'ai pas de sujet je peux déjà fermer ce blog...

Je vais finir par me mettre à faire n'importe quoi, inventer des mots de français ou faire des chansons à deux sous pour remplir cet espace vide entre la présentation et les fils RSS...

 

....MMmh, ah tiens Mamadou Niang a claqué un supporteur qui lui avait apparemment manqué de respect. Ou l'avait juste encore plus énervé que la tribu de zouaves-http://www.youtube.com/watch?v=x7xu-jnpHKE- qui l'attendaient à la sortie de l'entraînement.

Bon. Bah je vais faire ça.

Un sociologue n'a pas beaucoup à dire en théorie sur un footeux qui tape un excité. Un psy non plus. Mais en revanche les déclarations et hurlement entendus ici et là m'on fait prêter l'oreille:

 

-Tu tapes pas dans la voiture!

-Tu tapes pas dans la voiture!

-Tu tapes pas dans la voiture!

-Tu tapes pas dans la voiture!

-Tu tapes pas dans la voiture!

-Tu tapes pas dans la voiture!

-Tu tapes pas dans la voiture!

Etc... Bon là je n'ai rien à dire...

Ca gueule, ca crie encore...

-Eh franchement ils sont là pour toi les gamins! Franchement ça fait deux heures qu'ils sont là!

Bravo pour votre franchise madame.

Mais même dans ce cri de gorge abîmée de trop de cigarettes, il y a une petite chose qui me turlupine, moi sociologue.

 

Qui a dit que Mamadou Niang avait aucune obligation envers ses supporteurs?

Ca peut sembler égoïste et con de dire que ce n'est qu'un joueur qui n'a aucune obligation envers personne à part son club. Mais la réalité c'est qu'il fait son boulot par égoïsme, il le fait pour son salaire, pour la célébrité peut-être aussi, mais certainement pas pour faire plaisir aux supporteurs. C'est un plus d'être aimé, mais ça ne fait pas son pain, pour le dire ainsi.

Guy Debord nous a autrefois expliqué ce qu'était la société du spectacle, ou le remplacement de la société faite d'ordre et de principes par des démonstrations et idoles publiques pour rassembler les gens sous une même opinion, une même envie, de quoi les amener dans le même camp. Le foot est un spectacle comme un autre.

Niang n'a aucun devoir envers ses supporteurs, surtout si ceux-ci sont collants comme de la glu et le suivent partout. Mais eux, les supporteurs, éduqués dans cette société du spectacle par ce foot, et qui considèrent Mamadou Niang, ou un autre, comme un modèle, une idole, un être supérieur à respecter, à haïr ou à admirer, pour eux, Niang est dans le devoir de répondre à leur attentes en tant qu'idole, surtout s'ils ont fait le suprême effort de poireauter deux heures.

Eux ont appris que la victoire de leur club était un évènement sans commune mesure, d'une importance capitale, qui devait être célébrée. Et si cette victoire ou défaite était due à Niang, cela en faisait une idole à vénérer encore plus que les autres jours.

Niang est un homme qui joue pour un salaire et la célébrité. Niang est un génie du foot(je présume)qui est admiré et respecté, par ses supporteurs au moins.

Mais ces deux Niang sont pourtant tous les deux le même, le vrai, Mamadou Niang, homme et foutballeur de son état, et l'imagé qui passe à la télé, Mamadou Niang, grand joueur.

 

La société du spectacle pour réussir à tourner se doit de faire en sorte que des idoles soient trouvées et que le respect dû leur soit porté. Le foot, dans son cas particulier, qui s'est étoilisé-on dirait starisé mais je hais le franglais-et pipolisé-du français pipole, personne qui se sert de sa renommée acquise dans les arts, le sport ou toute chose tirant à la lumière des projecteurs pour faire parler de sa personnalité, aussi minime soit-elle-a fait de Niang comme d'autres des gens admirables, non seulement quand ils gagnaient, mais en en faisant des créatures de rêve, en vendant des t-shirts à leur noms, en les présentant comme des réussites sociales, et morales si possible:rappelez-vous Zidane, je veux être un bon papa(et me faire plein de fric avec cette phrase-là).

L'image publique du fouteux est celle de l'être symbolisant la réussite qui doit être l'objectif de chacun. De chaque jeune, de chaque gamin amoureux de foot par exemple. La faille est là, le spectacle télévisuel entre autres présente des idoles qui ne sont que des hommes normaux, et quand les pauvres humains normaux que sont ces supporteurs viennent trouver leur idole, ils sont déçus et rejetés par ce qui n'est pas une idole: Niang a bien essayé de partir avant qu'un homme ne piète sa voiture.

Mais les mômes supporteront la petite frustration de n'avoir pas eu d'autographe, Niang continuera à jouer et l'idolisation se perpétuera.

Le cercle de la connerie c'est cela: faire une idole du normal, être déçu par son idole, et se retrouver une autre idole après, sans qu'aucune de ces idoles n'aient été vraiment admirables ou grandes. Quand une personne essaie d'en imiter une autre ou de la copier, la copie est toujours moins bonne que l'original, c'est un fait.

Si Niang n'est que normal, que seront ses admirateurs?

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K 16/04/2010 12:15


Niang est normal d'être excédé par des traces de doigt sur ça voiture???


LDT 16/04/2010 14:04



'sa voiture'!


Je ne sais pas, comment prendriez-vous un siège de quarante personnes à la sortie de votre travail? Si Niang se laissait faire il serait bon pour passer la soirée entière avec tous ces gens.


Qu'il s'excite est compréhensible. Mais ce qui compte ce n'est pas l'énervement face à cette possession que font les supporteurs de sa personne, c'est le fait que ces supporteurs le prennent pour
leur propriété à la base, et s'il est considéré comme tel c'est bien à cause de la dépiction médiatique de simples joueurs en tant que gens pour le moins très sympathiques, ou si possible même
géniaux. Niang n'est qu'un homme, et il n'a aucune obligation d'être là pour ses fanes(oui comme fans en franglais, sauf que ça s'écrit 'fané',comme leur cerveau).