Leçon pratique de politique "moderne"

Publié le par LDT

Je reste un peu sur ce que j'avais écrit hier et avant-hier, comment la modernité nous a gardé sous sa coupe. Sauf que là, j'aimerais vous parler de quelque chose d'un peu différent, en l'occurrence comment briser la mainmise des idéologies ratées et de la peur généralisée. Vu qu'il existe une règle absolue, mais très généraliste et imprécise sur comment on détruit une mauvaise société en place, je prendrai quelques exemples après.

Tout d'abord, il faut savoir qu'il existe dans une société moderne comme la nôtre, qui tient debout par un contrôle aristocratique qui utilise l'opinion publique majoritaire, deux sortes de personnes: les cons, et les menteurs. Les cons, c'est monsieur ou madame tout-le monde, qui ne s'intéresse pas quotidiennement à la politique et n'est pas asservi à une idéologie. C'est l'électeur de base, qui vote communiste parce qu'il est pauvre, frontiste parce qu'il veut moins d'immigrés, UMP pour leur promesses libérales-sécuritaires ou PS pour leur promesses libérales-bobos. Pourquoi est-ce un con, et pas un simple citoyen facilement ébloui par la politique, qu'il ne connaît pas? Eh bien si je le traite de con, c'en est idiot de simplicité comme raisonnement, mais c'est parce que la politique est un domaine de cons. La politique, c'est le jeu de pouvoir auquel joue chaque personne qui désire changer le monde(ou s'ils sont plus sages seulement leur monde, celui qu'ils connaissent personnellement) pour le faire plus à son goût. Ce n'est pas un jeu de réflexion et de compréhension, c'est un jeu de combat qui ne demande aucune réflexion sinon comment gagner contre l'adversaire. Vous avez déjà vu un républicain essayer de voir ce que les monarchistes font de bien, un communiste chercher à assimiler les avantages du capitalisme ou un anarchiste vouloir comprendre quoi que ce soit à l'autorité? Non. La politique est composée de cons qui ne savent pas ce qui s'y passe, se font convaincre par une propagande et rentrent dans un camp. Ceux qui ne veulent pas rentrer dans un camp et continuent à voter selon leurs envies, quelle que soit leur intelligence personnelle et leur capacité à déceler le mensonge en politique, ne sont pas pour autant plus intelligents que d'autres, au fond, ils peuvent bien voter pour quelqu'un qui ne ment pas et n'a trahi personne et pourtant qui s'écroulera juste après son élection. Tant qu'on ne comprend pas la totalité des problèmes politiques dans le plus petit détail possible, on échouera éventuellement, con comme on est. Etant donné que les gens censés comprendre quelle politique doit être suivie sont des économistes, des sociologues, des diplomates, des militaires, des policiers, des médecins, bref, des gens capables de comprendre précisément de quoi la société a besoin, les autres ne sont que des cons qui essayent de bien voter pour faire avancer la société mais au fond ne savent pas du tout ce qu'ils font. Il y a des cons très cons, des moins cons, des encore moins cons et des élites qui sont censés être les moins cons de la société, mais les élites sont responsables de leurs déclarations alors que personne n'ira faire payer un mauvais vote à un con(en théorie ils sont responsables, pour les Sylvestre, Attali ou Minc, je vais juste rappeler un bon souvenir de 1791=). C'est ainsi, les élites tirent la société, et les autres suivent. Enfin les autres qui feront des erreurs et se dévoileront comme cons un jour ou l'autre; Sauf les menteurs qui ne se dévoileront jamais.

Tout comme une idéologie pourrie perpétue son existence en faisant passer dans les oreilles de ses ouailles de la peur au lieu d'un rêve, un propagandiste qui travaille pour une idéologie passe de la vente de rêve à la vente de mensonge. Un propagandiste, c'est un n'importe qui. C'est moi. C'est un type qui croit honnêtement à la République par exemple. Ou qui croit au socialisme. Ou qui croit à autre chose. Dès qu'on croit en quelque chose et qu'on veut le faire croire à d'autres, on est propagandiste. Même les journalistes, même honnêtes, sont propagandistes. Tout ceux qui croient en quelque chose sont des propagandistes, mais il existe des propagandes vraies et fausses. Tout ce qui fait un bon propagandiste, un à écouter, c'est le ratio vérité/mensonge dans ce qu'il dit. Les propagandistes, même ceux qui défendent le stalinisme aujourd'hui, ne sont jamais "connifiés", on ne les voit jamais être les dindons de la farce, les cons qui n'ont rien compris à ce qui se passait et qui se sont fait avoir, puisqu'ils sont prêts à mentir sur tout pour défendre leur idéologie.

Il y a donc les cons, les menteurs qui sont tout aussi cons mais le cachent, et les élites.

Bien sûr, vous l'aurez compris, il est parfaitement inutile d'essayer de prouver la fausseté de leurs idées aux menteurs. On peut tout aussi bien lancer une tarte à la crème sur un clown en espérant le ridiculiser, c'est exactement ce qu'il veut, qu'on lui pose des arguments pour qu'il les dénigre. Mais les cons?

Les cons sont la cible des campagnes de propagande, ils sont le gros de l'électorat et forment "le public". Ils sont ceux qui sont intéressés par la vérité, et la destruction de la mauvaise propagande. Alors pour les toucher, une règle simple à suivre en toute circonstance et dans tout débat: Il faut prouver que votre solution marchera alors que celle de l'adversaire échouera. Simple et généraliste. Mais un peu subtile à utiliser dans des débats.

-Dans le cas de l'économie et de la finance rapace au pouvoir depuis trente ans, c'est parfaitement inutile de dire que ce système va à l'échec et que les banquiers sont des voleurs. L'indignation et le cri d'injustice ne font pas remuer les masses bêlantes; Elles les font bêler plus fort mais ce n'est pas pour autant qu'elles descendront au piquet ou à la barricade. Ce qu'il faut faire dans le cas de l'économie, c'est dire pourquoi ce système échouera, chute de la demande qui ne sera qu'accélérée par la rigueur et qui finira par assécher complètement l'ensemble du système, et donner l'exemple de ce que propose un véritable économiste, un Jacques Sapir, un Jean-Luc Gréau, un Emmanuel Todd, un François Asselineau, un Maurice Allais ou encore un autre(postez vos bons économistes dans les commentaires SVP).

-Dans le cas des racailles, il ne faut pas venir dire pourquoi la politique de la ville ou les bons sentiments ne servent à rien et n'enrayent pas la délinquance, il faut simplement expliquer comment pensent ces délinquants: le but dans la vie c'est le fric et les putes, les gens sont soit des types capables de se battre soit des sous-merdes(et vu que les racailles se battent à cinq contre un si on n'a pas de gang on est toujours perdant), les gens qui les critiquent leur manquent de "respect" et méritent de se faire lyncher, etc...expliquer simplement que les racailles sont de véritables singes et qu'il n'y a que la force pour se faire comprendre d'eux. Ce genre d'explication, savoir à qui l'on a affaire, suffit déjà à faire comprendre que la Bienpensance avec les racailles est parfaitement ridicule et qu'il faut une autre politique. Même la Bienpensance peut être vaincue tant qu'on sait prouver où et pourquoi elle a tort.

-Dans les cas de la corruption, des inégalités, de l'immigration, de l'urbanisme, des loisirs ou autres, c'est toujours le même principe, diriger les citoyens non-propagandistes(les cons) vers le bon choix et leur montrer en quoi les autres choix sont faux. Soit en leur montrant un penseur soit en leur prouvant les choses soi-même. Progressivement, la destruction de la mauvaise propagande des idéologies ratées en place finit par détruire la société. Il s'agit juste d'être persévérant.

C'est très très simple, mais de nos jours les gens semblent tellement obsédés par l'idée de rester fidèles à leur propagande que ça valait la peine de l'écrire. Pour précision avant qu'on me prenne pour un salopard(ce que je ne manquerai pas d'être si c'est nécessaire), quand je dis con, je ne dis pas débile. Je dis trop bête pour comprendre les problèmes que d'autres comprennent. Et s'ils n'y a personne qui comprend un problème, alors nous pouvons nous rapporter à notre triste condition d'humains: nous sommes tous des cons. Même ceux qui essayent de l'être le moins possible.

Louis D. Tisserand

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