Loin des yeux, loin de la cervelle

Publié le par LDT

La dernière tribune de Libération, dont on parle ou , n'est pas seulement un exemple merveilleux de ce que peut devenir l'aveuglémie quand elle se double de l'ignorance, du simplisme et du mépris de tout ce qui est autre, c'est aussi un excellent exemple pour démontrer un fait peu reconnu, le fait que la plupart des gens de même valeur finissent par se retrouver dans les mêmes camps. "Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens" dit il y a très longtemps un seigneur dont j'ai(ENCORE)oublié le nom. Bien que je sois très loin d'être Dieu(j'aimerais...)mais je reconnais quand même les gens, et les camps qu'ils rejoignent et rejoindront:

Pourquoi les bobos et les racailles s'entendent si bien? En y réfléchissant bien, ils n'ont aucune raison de le faire une fois mise à l'écart la propagande pro-repentance. Les petits bobos bien calés dans leurs beaux quartiers calmes n'ont rien à voir avec les merdeux de cité. Les fumeurs de pétards qui rêvent de révolution en fuyant tous les combats violents qui se présentent n'ont rien à voir avec les vendeurs de shit qui n'ont que le fric dans la tête. On imagine mal des fils de riches qui n'ont eu qu'à venir faire le zouave devant leurs professeurs pour être les nouveaux Guévaristes suivre le chemin des racailles qui polluent la banlieue. Sans même parler du niveau de vie...

Mais tout de même, énormément de choses sont communes aux racailles et aux bobos. Les deux groupes haïssent le Mal, et pour les deux, c'est l'ordre le mal. L'ordre est le mal et il s'agit de le combattre: pour les bobos en insultant et méprisant l'ordre social(merci maischfaiscquejveux), pour les racailles en fuyant la police qui les poursuit et en leur balancant des cocktails molotov. Dans leur combat commun, les bobos se sentent solidaires des racailles. Les deux aussi détestent ce qui n'est pas de leur clan: les bobos, si vous en connaissez, n'acceptent que ceux qui pensent comme eux et ne tolèrent aucune contradiction, même justifiée, à leur idéologie. Ils restent "en famille", avec les gens qui leur sont proches idéologiquement, et les racailles font un peu la même chose: ils restent entre eux dans leurs gangs, ne s'ouvrent pas au monde extérieur et ne s'entendent que quand ils sont parfaitement d'accord les uns avec les autres. Encore que pour eux c'est le "respect" qui compte, pas la capacité à fondre en larmes dès qu'un gamin affamé dans le monde passe à la télé. Mais le principe est le même à l'origine.

Les bobos et les racailles sont faits pour être ensemble parce qu'ils ont le même ennemi et la même façon de voir les choses: il y a moi, et le monde entier qui ne pense pas comme moi et les miens sont des salauds. Après, entre les bobos qui pleurent dès qu'un bout de verre leur arrive dans le corps et les racailles qui descendent des flics au fusil à pompe comme à Villiers-le-Bel, il y a un gouffre, mais comme on dit "loin des yeux loin du coeur"...et loin du cerveau aussi.

Bobos comme racailles ont la même valeur, la même façon de réagir à l'étranger dans ce monde et évidemment ont le même destin. En tout cas, il ne faut pas s'attendre à ce que jamais les bobos changent d'avis sur eux-mêmes ou les racailles, ce serait comme détruire le Dieu qu'ils vénèrent depuis toujours pour eux.

Ceux qui ont eu la bêtise profonde de soutenir l'agression de V-le-B seront ceux qui soutiendront même la destruction de leur propre maison au nom du combat contre l'ordre, parce qu'aucune chose pour eux n'existe si ce n'est eux-mêmes et l'ordre de ce monde qu'ils haïssent. Ceux-là sont ceux qui applaudiront quand les racailles tueront des gens, ce seront ceux qui défendront leurs révolutionnaires pour le pognon jusqu'au bout de la raison et de la déraison, et ils sont prêts à tout sauf une chose: regarder en face ce que deviendra la France telle qu'ils veulent la faire.

En fait, la meilleure arme pour s'assurer que les bobos comprennent ce que font les racailles est évidente: c'est les faire parler...avec les racailles. Ca sera probablement plus efficace que tout.

Louis D. Tisserand

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