Mollesse n'est pas signe de modernité

Publié le par LDT

Un hors actualité, mais un bon exemple de ce comment est perçue la modernité depuis longtemps, peut-être depuis le XIXe siècle. On voit en France et en Europe, mais en France surtout, la modernité comme le luxe du pacifisme et de la haute technologie, comme le mélange entre discussions germanopratines et Ipad, comme la paix donnée à tous et la richesse à ceux qui peuvent l'avoir. Et cela vaut aussi en politique. La modernité en politique, à en croire les français, c'est le débat mollasson et le calme général, c'est l'absence de combats enflammés et de luttes sanglantes, c'est la passion du silence et la haine du mouvement, qui fait bruit et qui secoue les gens. La modernité en politique française en somme, c'est quand l'UMPS débat avec l'UMPS, et que le résultat des deux tient à faire une politique d'UMPS.

La mollesse, voilà le vrai signe d'une avancée politique pour l'observateur amateur de politique française! La douce musique qu'on entend au bistrot selon laquelle "les politicards sont tous pareils, tous pourris", qui ne mange pas de pain et ne demande aucun effort! Comme c'est simple de se plaindre et de ne jamais s'enflammer pour que cela change... Le luxe exquis de ne jamais avoir à faire rien sinon communiquer son mécontentement, la facilité grandiose de ne faire qu'attendre que les choses se passent, de voir des débats, mous au mieux, creux au pire, dérouler toujours une sempiternelle liturgie de Bienpensant partout, admirer l'ennui du haut de son sofa et caresser l'idée d'un jour lever son gros cul...pour rester finalement assis où l'on est au plus confortable.

Voilà la modernité, pour certains, le luxe de la molesse qu'on accepte par fainéantise, par dépit et par ennui accepté, et si bien comblé par les stupidités que peut offrir la télé. Selon certains en tout cas.

Si l'on prend une vision plus scientifique de la modernité, on en arrive à ce constat: la modernité, c'est le stade d'évolution de l'Histoire le plus avancé atteint, un stade où l'on s'est débarrassé du plus de carcans possibles et où l'on est arrivé au plus de grandeur et de réussite pour tous, où la médiocrité, qui n'est que ce que les hommes ne veulent pas détruire d'improductif et de néfaste en eux, a disparu, où l'on se sent plus fort et plus sûr qu'avant. La modernité, c'est quand la société est composée de gens plus forts mentalement et idéologiquement, où il n'y a que du mieux par rapport à avant. Dieu qu'on en est loin!

La mollesse actuelle n'est pas signe de modernité, où même de calme, elle est signe d'autorité et de contrôle, celui que l'UMPS a sur la vie politique française. Dans une société vraiment moderne, nous ne serions pas toujours sur la brèche, à fouiller tous les recoins du pays pour trouver qui pourrait bien avoir trahi la Bienpensance, nous ne serions pas assis sur une bombe telle que les relations entre la France et la banlieue, ou même entre les pauvres et les banquiers, nous n'aurions pas atteint le point ou l'empathie est devenue un luxe tandis que le luxe ne provoque plus d'empathie! Nous serions en train de les régler, ces problèmes sociaux, culturels et économiques, nous serions en train de nous battre sans retenue, sans carcan pour nous tenir au sol, pour enfin monter les choses comme elles doivent l'être! Notre modernité de calme tenu par les jeux de la télévision et d'acceptation molle de notre situation catastrophique n'a de moderne que le nom. Et ce nom mériterait, dans l'intérêt de la France, de reprendre son vrai sens: dépasser et vaincre les carcans, reprendre du poil de la bête, reformer une France libre et puissante...la modernité n'est ni la paix ni la guerre. C'est la force d'avoir la paix, et pour cela de faire la guerre à ses ennemis. Mais nous qui dormons pendant que l'ennemi nous infiltre et qui n'oserions même pas prononcer le mot guerre en imaginant que c'est notre avenir proche, nous n'avons aucun droit de nous dire "modernes". Et donc, ceux qui prétendent, sous le couvert de cette "modernité", de défendre leur Bienpensance et leur régime destructeur, n'ont aucun droit non plus de venir accuser les "antimodernes" de vouloir détruire une bonne chose. Cette modernité-là n'a rien de bonne.

Louis D. Tisserand

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clovis simard 02/10/2011 12:16


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No-18, LES 3 SINGES DE DIEU. - LA MODERNITÉ.