Pourquoi la Démocratie n'existe pas et ne peut exister
Plus grand slogan trouvé il y a plus de deux cents vingt ans par nous(pas cocorico, non, surtout pas de cocorico), la Démocratie, le pouvoir au peuple, est devenue le meilleur message de propagande au monde pour fomenter des révolutions et écarteler des sociétés. Ce n'est pas pour rien que les américains, qui n'ont jamais eu une grande idée de ce qui se passait dans le monde, s'en servent à toutes les sauces, pour toutes leurs guerres et pour toutes leurs politiques. Simple comme bonjour à utiliser, le slogan démocratie peut se mettre dans toutes les bouches et toutes les têtes, enfin dans toutes les têtes stupides mais personne n'en manque de celles-là. Il suffit d'expliquer le principe derrière le slogan: en démocratie, l'état ne fait que ce que tu veux qu'il fasse, n'a le droit de faire que ce que tu lui donnes le droit de faire, et ne peut s'opposer à toi car le principe démocrate te protège. L'eldorado du pauvre ou du petit-bourgeois, c'est la démocratie, le régime génial ou la société ne remue que quand le peuple l'y autorise. Pour autant, tout ce qui a été créé grâce au slogan démocratie est un mensonge, de la première à la dernière ligne.
Tout d'abord, le principe démocratique veut que la politique n'agisse que selon les demandes du peuple, et prétend que sans l'autorisation du peuple il ne peut agir. Or c'est totalement impossible, et chaque décision politique le prouve: ce qui est impossible n'est pas de demander son avis au peuple sur chaque choix à faire, c'est que le peuple ait un avis à donner. La connaissance nécéssaire pour savoir quels choix faire dans des domaines pointus, économie, urbanisme, politique industrielle ou sécuritaire, écologie, défense, diplomatie, en réalité la quasitotalité des décisions à prendre nécessitent un savoir particulier que le peuple ne peut avoir, par manque de temps, de cervelle ou d'intérêt personnel, le peuple est ignorant de la réalité de la politique. La politique, ses cordes, ses secrets et son
domaine de connaissances propre est la propriété des politiciens seuls, l'effacement du pouvoir de la noblesse de l'Ancien Régime n'a été remplacé que par des barons et comtes de partis, défendant leur propre camp plutôt que l'intérêt de la nation comme le faisait l'aristocratie officielle d'autrefois, mais ce n'est pas la question. Je ne veux pas encore départager les monarchistes et les républicains ici, c'est un sujet qui pourrait me prendre des jours et des jours. La démocratie, voilà son premier péché, celui de prétendre apporter au peuple un pouvoir qu'il n'a pas et n'aura jamais, une force politique offerte à des gens qui ne sauront jamais s'en servir et qui se reposeront sur d'autres politiciens plutôt que d'apprendre à utiliser ce pouvoir pour eux-mêmes. Par essence, aucun pouvoir ne peut être utilisé sans le savoir nécessaire, et une preuve évidente et exemplaire de cela, c'est bien l'ignorance des héritiers de Louis XIV qui n'ont pas su utiliser à bon escient la cour royale qu'il avait formé et se sont fait écraser par le rouleau compresseur des révolutionnaires quand l'aristocratie a trop abusé de son pouvoir et que Louis XVI n'a pas su les faire plier. Le pouvoir que la démocratie a prétendu donner au peuple ne lui a jamais été donné car il n'a jamais pu le comprendre. La révolution? Ce fut des années de massacres au nom du combat contre les anti-révolutionnaires. Les prétendus régimes démocratiques? Ce ne sont que de longues périodes de mensonges où des politiciens obtenaient le pouvoir par leur propension à la vénalité, et qui retournaient leur vestes dès qu'ils avaient atteint leur objectif. Notre soi-disant régime démocratique actuel? C'est le même principe, à la différence près que l'état autrefois ne se gênait pas pour écraser ceux qui le combattaient, quand bien même ils combattaient d'éventuels électeurs. Aujourd'hui l'état se laisse grignoter jusqu'à plus être, il n'a plus la légitimité de rien, et au nom des volontés de tout un chacun il ne peut agir que quand l'opinion publique le lui autorise. Mais voilà, l'opinion est celle d'ignares qui ne savent quoi choisir et qui se mèneront à leur propre ruine.
Le grand crime de la démocratie est celui de raconter à chacun qu'il obtiendra un droit sur sa vie en tant que citoyen d'une nation démocrate alors qu'en réalité, il n'obtient qu'un droit de peser sur les actions des politiciens, pas toujours en bien. Si encore le citoyen en démocratie pouvait essayer de servir la communauté, de défendre la voix de chacun, mais ce n'est pas ce qui se passe, le système des élections étant fait pour pousser les citoyens les uns contre les autres dans des grandes luttes idéologiques ou claniques, et c'est ce système même qui fait la dépassement de l'état-nation par les luttes intestines, c'est cette frange du système pseudo-démocratique qui détruit les nations de l'intérieur, en appelant les citoyens à se battre les uns contre les autres au nom de leur "droit démocratique". La démocratie ne sert qu'à vendre un mensonge aux gens pour les faire se combattre les uns les autres.
Bien sûr, objecteront les ignares, c'est mieux qu'une monarchie ou une dictature, bref qu'un système autoritaire, car en démocratie on n'ignore pas l'avis du peuple. Erreur. Gravissime erreur, que de croire que quand l'autorité est au pouvoir, il n'y a pas de place pour l'écoute! Quand l'autorité est au roi, au dictateur ou aux classes sociales aristocratiques, bien sûr la rébellion est punissable, bien sûr que la défiance au pouvoir est repréhensible, alors qu'en démocratie on considère qu'elles sont normales. Mais bien qu'on n'accepte dans aucun régime honnête(donc autoritaire, un régime sans autorité ne peut subsister) aucune forme de rébellion, on écoute son peuple et ses doléances dans toute monarchie au monde. De fait, aucun roi ne peut tenir son pouvoir sur un peuple qu'il ne reconnaît pas, contrairement à un dictateur qui règne par la terreur. Le mensonge démocratique a été aussi de faire passer les rois comme des gens imbus de leur personne, incapables de s'intéresser à leur peuple et qui ne vivaient que pour fêtes et orgies, sans prendre le temps de regarder avec quel argent elles étaient payées. Que ceci ait existé du fait de Louis XIV, bien sûr c'est vrai, lui-même l'a avoué sur son lit de mort, qu'il avait porté trop peu d'attention à son peuple. Mais le contrôle du pays qu'avait créé le Quatorzième par sa cour a dépassé ses objectifs, et au lieu de rameuter les nobles du royaume à la cour pour mieux les contrôler, cela les a définitivement éloignés de leurs sujets, chose que Louis XVI a compris mais n'a absolument pas su réparer. La Révolution n'est pas arrivée par évolution démocratique, elle est arrivée par échec monarchique, un échec que l'on peut soigner et rectifier aujourd'hui.
Il y a un dernier grief que j'ai contre le mensonge démocratique, au-delà du fait qu'il assure la sécession du peuple en un tas de clans et qu'il est un mensonge en soi, il est la raison principale de la décadence politicienne, ce qui rend la vie politique de plus en plus puante et qui en fait le royaume de la vénalité et des faux-culs. Par principe d'autorité, dans une société normale, le supérieur dirige le subordonné selon un des trois systèmes qui cohabitent en société, l'oligarchie, l'aristocratie et la monarchie. Chacun des trois systèmes possède son propre fonctionnement et sa propre hiérarchie, qui frictionne parfois avec les autres. Le mensonge démocratique force les politiciens à faire propagande auprès du peuple pour les pousser à ceci ou cela plutôt qu'agir, mais il les empêche aussi d'agir quand le peuple ne veut d'aucune solution, même quand il FAUT en prendre une. Un exemple simple, et assez douloureux pour qui connaît l'histoire de France: 1938. Daladier. Munich, le serrage de main à Hitler plutôt que la baffe et la déclaration de guerre. L'avion. L'arrivée à Paris, le tarmac. Daladier, sûr de se faire lyncher, ouvre la porte de son avion pour être applaudi. Il prononce la phrase tristement historique pour la France, et affreusement démonstrative de la démocratie: Ah les cons, s'il savaient! Mais il ne savent rien. Et quand on leur propose une guerre maintenant ou une guerre plus tard, ils répondront Non! Ou on ne votera pas pour vous. Le peuple est comme ça, trop ignare pour comprendre et trop pétri de droits pour être responsable. Pour être plus direct, le peuple est un tas de cons égoïstes qui ont besoin d'un de Gaulle pour leur botter le train ou d'un Roi pour les diriger. 1938 n'est qu'un exemple. D'autres sont valables ici ou là: les Etats-Unis ou l'URSS? Aucun!(Mais de Gaulle était encore là pour les protéger). La guerre pour la grandeur de la France ou la décrépitude jusqu'à la mort? Aucun! La bonne santé sociale et l'ordre moral ou la gratuité de tout et une société répugnante? Aucun!
Le peuple est comme ça, con et égoïste. Et pas grandchose ne le fera changer, à part des siècles et des siècles d'apprentissage et d'évolution. Peut-être des millénaires. La démocratie ici, non contente de pousser le peuple à se scinder pour se battre contre lui-même(chose qui existait déjà sous la monarchie c'est tout à fait vrai), réussit à forcer les politiciens à mentir et à être des faux-culs professionnels pour ne pas se faire rejeter par le peuple "démocrate". C'est cela, le vrai mensonge démocrate: faire croire que le peuple a le pouvoir alors qu'il ne l'a pas, faire combattre le peuple contre lui-même pour des clans et des idéologies plutôt que pour l'intérêt commun national, et mettre les aristocrates de la politique dans une position telle qu'ils ne peuvent que mentir pour se préserver car dire la vérite est leur assurer la fin de leur pouvoir. Toutefois, il existe de bonnes façons de contrôler le peuple même en soi-disant démocratie, j'en parlerai demain.
Louis D. Tisserand