La Bienpensance,l'histoire(Partie 1)

Publié le par LDT

Je ne crois pas qu'on ait jamais, nulle part, défini la Bienpensance dans sa totalité, ce qu'elle est et veut, ses porteurs, ses résultats, ses causes et ses raisons. C'est pourtant sous ce nom "Bienpensance", ou "pensée unique" ou pour être plus sociologique "idéologie de l'aristocratie", que cette idéologie gouverne la France depuis sa création en 1983.

Une page d'histoire avant tout, ça aide à comprendre comment nous en sommes, nous français, arrivés là où nous sommes. En 1981, premier socialiste de la Cinquième République, François Mitterand est élu président de la République, sur un programme de relance économique, de hausse des petits revenus, et de changement après vingt-trois ans de droite Gaullo-pompidolienne puis Giscardienne. En deux ans à peine, la politique économique du président échoue: les relances par la consommation, efficaces jusqu'alors, faillissent à accélérer l'économie française, car l'argent qui jusque là passait des poches des salariés enrichis des hausses de salaires dans celles du commerce et du patronat français, tous gagnants de la consommation, partent cette fois tout droit vers l'étranger, vers l'Asie, dont le Japon est le pays le plus technologiquement avancé du monde et où d'autres pays commencent à vendre des produits à très bas prix. L'argent des français sortit du circuit économique national irréversiblement, aucun asiatique n'achetant en France ce dont il a besoin; Les dépenses sont définitives et ne rapporteront rien, il est clair que la politique économique socialiste de Mitterrand a échoué. Plutôt que de décider, en pleine époque d'européanisation et de retour de la guerre froide sous Reagan, de refermer l'économie sur la nation et de forcer un protectionnisme national qui aurait protégé et l'économie et les salaires des français, ce qui nous aurait mis hors course du système financier mondial en voie de néolibéralisation et nous aurait mis à la merci des grands groupes financiers étrangers, Mitterrand décida sur les conseils de Jacques Attali et de ses collègues "économistes modernes" de se lancer dans une économie de type libérale, calquée sur le modèle anglo-saxon. Ce choix allait se révéler apocalyptique pour deux choses: la France, qui allait continuer à se désindustrialiser, et Mitterrand, qui avait perdu énormément de crédibilité durant ce retournement de veste.

Pour Mitterrand qui dut alors abandonner le coeur de son programme politique, il fallait trouver une solution pour ne pas fondre dans les sondages et être mis dans le camp de la droite dont il venait de copier le programme économique. La trahison de son programme allait être compensée par un coup médiatique et politicien fabuleux, qui allait le sauver non seulement de la vindicte après avoir retourné sa veste mais aussi lui régler un problème qui commençait à avoir son importance, le traitement des immigrés maghrébins qui arrivaient en France pour y vivre depuis plusieurs années mais étaient rejetés par la société française et espéraient de l'aide de la part du président socialiste.

Pour couvrir ces deux problèmes à la fois, la trahison de ses idées et les conflits sociaux avec les arabes, il fit créer une organisation médiatique dépendante du Parti Socialiste qui devait se constituer comme lobby pour réorganiser les médias à coups de téléphone à un nouveau combat contre le racisme anti-arabe(puis anti-noir et anti-juif). SOS-Racisme allait réussir un coup fumant, pouvoir forcer à déplacer le débat médiatique en cours sur les problèmes économiques pour lesquels Mitterrand avait échoué afin de le mettre sur le terrain du racisme et des problèmes des non-blancs de cette nation. Pour pouvoir s'assurer à la fois la sympathie des arabes au mouvement et l'écoute des journalistes et de la bourgeoisie-bohème enfante de mai 68, cet organisme dit aux arabes de garder leurs différences culturelles et aux journalistes et bobos que ceux qui n'acceptaient pas ces maghrébins et leurs différences étaient des racistes, complétant un cercle rhétorique qui faisait dire aux arabes que leurs problèmes provenaient tous du racisme et qui faisait répéter aux journalistes que les français blancs étaient racistes. Cette redéfinition des rôles que tenaient chacun, le français qui devenait alors raciste s'il refusait la maghrébanisation et l'arabe qui devenait un inférieur social reconnu qui était opprimé par la société à cause de sa race, nous a fait à l'époque entrer dans le différentialisme français.

La France avait toujours accepté énormément d'immigrés, et étant une nation et avant cela un royaume créé par conquêtes, elle avait toujours été obligée au nom de l'unité de la nation d'assimiler les peuples et villes conquises, de les forcer à devenir français en leur faisant avaler la culture officielle, ceci contrairement au Saint-Empire germanique qui était une nation formée sur un conglomérat de peuples de 'race' nordique ou à l'Angleterre qui s'était formée contre les écossais et français(les allemands aussi se sont unis et formés contre les français grâce à Bismarck, on prend les coups de tous les côtés dans ce carrefour de l'Europe où nous nous trouvons). L'assimilation française était un fait depuis toujours, pour les conquêtes de la guerre de Cent ans, pour celles de la Bretagne, de la Corse, de l'Alsace-Lorraine, et d'autres. Les débuts du différentialisme français, calqués sur le modèle anglosaxon, allaient totalement changer le fonctionnement de la France dès lors.

Pour réussir à faire fonctionner la rhétorique de SOS-Racisme, il fallut lancer non seulement le lobby lui-même, mais aussi lui permettre de convaincre ses éventuels militants de son bien-fondé. Pour justifier le message médiatique de SOS-Racisme, ses dirigeants re-tirèrent des croisades le bon vieux combat du Bien contre le Mal. Exactement comme en ce temps-là, on(on c'est Sos-Racisme) redéfinit le Mal, l'ennemi, et on appela au combat contre lui. Il fallut dès lors accepter les immigrés tels qu'ils étaient car dénigrer une part de leur culture les aurait blessés, et c'était le Mal. D'autres choses, toutes en phase avec les militants et sympathisants des socialistes au pouvoir, allaient sauter dans le bateau avec: La guerre c'était Mal(les crédits de l'armée baissaient sous Mitterrand), les devoirs auxquels ont ne voulait pas se soumettre c'était Mal(donc on pouvait se débarrasser du travail, de la fatigue, de l'éducation et de toutes les contraintes étatiques avec) la violence c'était mal(donc la police ne devait plus taper)et d'autres encore qui déplaisaient à untel ou untel pouvaient être classées dans le Mal. Le devoir de servir le Bien, de ne penser que comme le Bien pense et de ne jamais se faire l'avocat du Mal(même du Mal nécéssaire), a fait la Bienpensance. On l'appelle communément Bienpensance puisqu'elle est l'idéologie des bienpensants, ceux qui refusent d'accepter que le Mal doit exister parfois, ceux qui refusent que la violence ou la guerre puissent être nécéssaires, ceux qui jusqu'à perdre tous leurs débats faute d'arguments continuent à prétendre qu'ils ont raison puisqu'ils sont le camp du Bien. Ceux qui vous traiteront de fasciste, de nazi, d'extrémiste ou de monstre(ou autre...j'en ai entendu quelques dizaines d'insultes du genre!) dès que vous oserez défendre quelque chose qui est du domaine du Mal(l'inégalité homme-femme en fait partie d'ailleurs, la négation de l'holocauste ou le refus de l'impérialisme aussi).

La Bienpensance, c'est la production idéologique des socialistes dans les années 1983-84, sa première partie est le rejet de la politique économique socialiste française pour se jeter dans le libéralisme mondialisé anglosaxon, et sa seconde partie est le devoir d'obéir au Bien. Certains, Jean-François Kahn par exemple, ont critiqué la Bienpensance en la nommant "pensée unique" et en dénonçant le matraquage médiatique fait contre ses opposants(même si Kahn a arrêté son analyse de la Bienpensance aux seuls défenseurs de l'économie libérale, alors qu'il faut la prendre comme un tout). Pour des raisons politiques et personnelles(il était plus proche d'un radical-socialiste que d'un homme de droite), Jacques Chirac ne dénonça pas la dictature intellectuelle de la Bienpensance, il l'accepta et présida avec l'idéologie des socialistes pour faire police de la pensée derrière. Sarkozy fit de même. Si beaucoup de gens de droite se plaignent de la mainmise des idéologies gauchistes dans ce pays, c'est d'ailleurs à cause de la seconde partie de la bienpensance, tandis que si tant de gauchistes se plaignent de la mainmise des idéologies de la droite, c'est parce que la Bienpensance ne peut mener qu'à l'échec politique, que les politiciens sont obligés de s'y opposer et c'est bien parce qu'il l'a fait que Sarkozy a été élu. Voilà pour l'histoire.

Partie 2

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mila 30/05/2010 19:30


ahahahahah


LDT 30/05/2010 22:32



Quelle profonde déclaration.