La Grèce, berceau invonlontaire de l'Europe

Publié le par LDT

Elle devint la première civilisation démocratique(même si la démocratie n'existe pas), enfanta de loin la première république, Rome qui dispensa à l'Europe la moitié de son séant tandis que la chrétienté fournit l'autre moitié.

L'Europe, si une base historique dut lui être donnée, est la création lointaine de l'Empire Romain et de la chrétienté.

Eventuellement, il semble qu'à petite échelle, cette histoire ait décidé de se reproduire. Pas de la même manière, mais le résultat sera le même. La Grèce a accepté les conditions de l'UE et du FMI pour avoir un prêt renflouant son état, quitte à faire sécession totale entre son patronat et son peuple, ce qui n'a déjà pas manqué de lancer quelques émeutes. Forcément, baisser les salaires, augmenter les impôts et l'inflation et retirer des aides sociales en même temps, il y a de quoi jeter un pauvre ou deux dans des barricades. La Grèce avait le choix entre l'expulsion de l'UE et l'abandon de l'Euro ou la déclaration de guerre des classes entre ses financiers et patrons et ses pauvres. Elle a choisi la guerre.

Comme beaucoup d'autres, cette nation est effrayée à l'idée de perdre la protection politique de l'UE, et fera tout pour rester dedans. L'influence diplomatique, la défense et la crédibilité en tant qu'état européen, toutes ces choses reposent sur l'Europe supranationale qui a décidé de maintenir une politique de suicide monétaire.

Les choix économiques de l'Europe sont simples et compréhensibles, si on les regarde avec des yeux d'allemand: garder l'euro le plus fort possible pour gagner le plus d'argent possible. Cette politique de pays importateur de tout et exportateur de produits uniques ne pourra jamais convenir à la Grèce, importatrice de beaucoup de ses consommables et de pas mal d'armes provenant d'ailleurs d'Allemagne, et qui fait ses revenus sur le tourisme et l'exportation de matières premières. Là où l'Allemagne y gagne, la Grèce y perd. Mais l'Italie aussi y perd. Et l'Espagne, et l'Irlande, et le Portugal, et la France, oui nous y perdons tout autant; La politique d'Euro fort aide les pays importateurs qui peuvent quand même vendre leurs produits grâce à leur qualité, mais affaiblit tous les autres. Aujourd'hui, à l'exception des pays comme le Royaume-Uni qui vivent par finance et dette et de l'Allemagne qui vit par exportations massives en Europe et hors d'Europe, toutes les nations européennes souffrent de cette politique. Elle sert aussi les américains, qui peuvent s'assurer d'avoir plus d'acheteurs pour leurs produits moins chers en dollar; C'est d'ailleurs bien plus pour aider les E-U que la Banque Centrale Européenne garde des taux hauts pour faire un euro fort, ce sont eux les maîtres de l'Europe, militairement et politiquement.

La politique d'Euro fort nous dessert tous. Mais la différence entre la Grèce et la France est très simple, c'est que la Grèce est descendue d'un niveau dans les notations des agences qui décident de la valeur d'une action, ou d'un état. Les agences de notations ont analysé les chiffres grecs, puis ont compris que la Grèce allait avoir du mal à rembourser ses créanciers, et ont baissé sa note. Ce qui a immédiatement fait réagir les banques créancières des grecs qui ont immédiatement commencé a proposer des crédits à des taux beaucoup plus hauts. La Grèce est en mauvais état, c'est pourquoi les banques s'assurent que son état empire et que les spéculateurs parient sur la mort de l'état grec en espérant pouvoir récuperer des gains si la Grèce tombe définitivement. Voila le beau modèle économique néolibéral.

Maintenant, ce qui est arrivé à la Grèce va se faire transporter vers l'ouest, comme les courants de la médittérrannée vont. Elle nous refait le coup d'il y a plus de deux mille ans, cela va arriver en Italie, puis en Espagne, puis en France(pas forcément dans cet ordre). Le problème grec est le problème français, tout comme il est le problème italien, espagnol, irlandais, portugais ou autre: c'est le problème d'une économie faible qui importe beaucoup, exporte trop peu à cause de sa monnaie forte et tente de s'en sortir par des plans de rigueur terribles et des dépendances aux crédits du FMI. La France est dans la même pente et connaîtra le même destin. Reste à savoir si nos dirigeants choisiront l'Europe ou le peuple. Vu leur action après le non au référendum, on peut imaginer ce qu'ils choisiront, je crois... Alors que ceux qui détestent l'Union Européenne se réjouissent, l'Europe des nations revient, parce que notre avenir est tout tracé: soit nous revenons au franc et nous relançons notre économie, soit nous sommes sûrs de finir en guerre de classes comme la Grèce. A moins que l'UE accepte un protectionnisme européen. Mais là, on peut tout aussi bien espérer que l'Allemagne délocalise la Ruhr en Chine...

Louis D. Tisserand

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